Culture

Un nouveau livre sur Tanger

Article posté par F.Filali le 2008-07-28, visualisé 583 fois.
A revue trimestrielle française «La pensée de midi» a fait paraître récemment aux éditions Actes Sud un numéro spécial sur Tanger. Disponible en librairie en France et au Maroc, ce numéro intitulé «Tanger, ville frontière» a été édité sous format livre. Il restera donc en librairie pendant plusieurs années. Il contient une série d’articles et de chroniques sur la ville mythique, réalisés par une douzaine de journalistes, anthropologues, poètes et écrivains français, marocains et américains. La majorité d’entre eux étaient présents jeudi 24 juillet à l’Institut français du Nord à l’occasion d’une rencontre-débat autour du livre. Certains textes sont littéraires et poétiques, d’autres traitent du développement économique et social de la ville. C’est ce qu’indique Michel Péraldi, membre du comité de rédaction de la revue, anthropologue et directeur du centre Jacques Berque à Rabat.

Ce dernier est l’auteur de l’article introductif de «Tanger, ville frontière», ayant pour thème «Tanger transnationale». Il y retrace l’évolution économique et sociale de Tanger depuis une dizaine d’années, évoquant l’arrivée de nombreux entrepreneurs, le dynamisme foncier et la nouvelle atmosphère urbaine de la ville. Il évoque également l’arrivée de la jet set, qui investit dans la Casbah de la Médina. L’idée principale de son message, c’est que la plupart des nouveaux acteurs émergents vivent à l’heure marocaine, mais aussi à l’heure européenne. «Ils ont souvent un pied au Maroc et un pied dans leur pays d’origine. C’est ce qui fait de Tanger une ville transnationale», souligne-t-il.
Simon-Pierre Hamelin, libraire à Tanger, écrivain et éditeur depuis janvier 2007 d’une nouvelle revue littéraire intitulée «Nejma», a écrit également une chronique sur Tanger. «Khalid, portier de jour et de nuit», c’est le titre du texte de Carole Viché, qui porte sur les zones de transit de la ville. Cette anthropologue est spécialisée dans les apprentissages linguistiques, en particulier des migrants. Une interview d’Elena Prentice, une peintre américaine qui vit dans le quartier de «La vieille montagne», à Tanger, y figure aussi. Elle a la particularité d’être la descendante d’une famille qui vit à Tanger depuis trois générations. Comptant parmi les principales figures du militantisme linguistique au Maroc, elle avait édité un journal gratuit en darija. Autre thème abordé dans la revue, le cinéma. C’est Simona Schneider, écrivain et anthroplogue américaine de Boston, qui en est l’auteur. Venue à Tanger en 2005 pour participer au projet de création de la Cinémathèque de Tanger, elle n’a plus quitté cette ville depuis.
A noter que «La pensée de midi» existe depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse aux villes du pourtour méditerranéen et fait paraître chaque année un numéro spécial sur une ville mythique. Outre Tanger, elle a sorti des spéciaux sur Beyrouth, Le Caire, Marseille, Alger, Palerme, Athènes et en prépare un sur Istambul.

Nadia BELKHAYAT

L’Economiste
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