Sport
Fernando Alonso seul au monde
| Article posté par F.Filali le 2006-06-04, visualisé 533 fois. |

ET DE QUATRE ! Quatre victoires après sept Grands Prix. Et lorsqu'il ne gagne pas, Fernando Alonso ne fait pas moins bien que deuxième. Au volant d'une Renault aussi performante que fiable depuis le début de la saison, régulier aux avant-postes comme personne, le champion du monde en titre est actuellement sans rival dans la course au Graal mécanique. Ponctuellement menacé, jamais réellement inquiété. Avec cette victoire de prestige en Principauté, il compte désormais 21 points d'avance au classement sur Michael Schumacher, et 37 sur Kimi Räikkönen, autant dire une option évidente sur un doublé mondial.
«Vu l'histoire de cette course, de ce qu'elle représente en Formule 1, j'avais coché Monaco d'une croix sur le calendrier, explique-t-il. Cette victoire représente donc quelque chose de spécial à mes yeux. Je m'en étais approché ces trois dernières années, mais sans succès. Surtout, je réalise une bonne opération au championnat. Dix points de pris sur Kimi, six sur Michael, c'est une bonne chose. La constance reste la clé.» D'autant qu'elle fait cruellement défaut à ses rivaux.
Surpris par le niveau de performance de Räikkönen
Débarrassé de la menace Michael Schumacher, son plus coriace contradicteur, l'Allemand ayant été rétrogradé en fond de grille à l'issue des qualifications (voir ci-dessous), Fernando Alonso fut néanmoins surpris, en début de course, par le niveau de performance de Kimi Räikkönen. En fait, sur un tracé ne forçant le moteur à la pleine charge que sur 50% du tour, le déficit de puissance du V8 Mercedes était moins pénalisant qu'ailleurs.
Alors que le pilote Renault s'était parfaitement élancé depuis la pole, le Finlandais croqua l'Australien Mark Webber dès le deuxième tour, au prix d'un superbe extérieur dans la montée de Beau-Rivage, pour pointer le museau de sa McLaren-Mercedes dans le diffuseur de la R26 frappée du numéro 1. Webber suivait sans problème au volant de sa Williams, devant la seconde Flèche d'argent aux mains de Montoya. Rubens Barrichello, peu convaincant sur Honda, retardait le reste de la meute depuis la cinquième position.
Räikkönen observait un premier arrêt au 22e tour, plutôt rassurant pour un Alonso capable de tenir deux tours de plus : «Kimi était menaçant, mais je pouvais le contenir.» Reste qu'en embarquant plus de carburant que l'Espagnol, Räikkönen pouvait espérer prendre le commandement sur la deuxième salve de ravitaillements. Une stratégie bientôt ruinée par l'entrée en piste de la voiture de sécurité au 49e tour, suite à l'abandon de Webber.
«J'ai perdu toute chance de faire la différence à ce moment-là , regrette le Finlandais, puisque j'ai dû en profiter pour repasser au stand comme Fernando pour ressortir derrière lui.» Pire : sa Mclaren le lâchait au tour suivant, avec un début d'incendie vraisemblablement provoqué par une montée en température d'un moteur en mal de refroidissement, à faible vitesse, derrière la voiture de sécurité. Alonso n'avait plus qu'à dérouler.
Les abandons de Christian Klien (Red Bull) et Jarno Trulli (Toyota), ainsi que la pénalité infligée à Rubens Barrichello, relançaient la course aux accessits. Et derrière l'intouchable Renault d'Alonso, le drapeau à damier classait dans l'ordre Juan Pablo Montoya, David Coulthard, Rubens Barrichello, Michael Schumacher en pompier de son feu intérieur, Giancarlo Fisichella décevant sur la seconde Renault, Nick Heidfled et Ralf Schumacher.
Du cauchemar Ferrari au triomphe Renault, un week-end monégasque comme pour monter en épingle le duel Alonso-Schumacher. Plus qu'adversaires, les voilà désormais ennemis. Retrouvailles programmées dans quinze jours au Grand Prix d'Angleterre.
Figaro
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